
Béatrice Cossa-Dumurgier, l’ingénieure des conversions face à un nouveau défi
Le 10 août 2026, Revolut a décroché son agrément bancaire français de plein exercice. Ce feu vert, délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme des banques françaises, et par la Banque centrale européenne (BCE), porte la signature de Béatrice Cossa-Dumurgier. Nommée en juin 2025 directrice générale de la néobanque britannique pour l’Europe de l’Ouest, elle avait fait de ce dossier sa priorité dès son arrivée. Prochaine étape : entre le 2 et le 5 décembre 2026, les comptes des quelque 8 millions de clients français rejoindront Revolut Bank S.A., la nouvelle filiale installée à Paris.
Une scientifique au cœur de la finance
Béatrice Cossa-Dumurgier rêvait d’astrophysique. Elle choisit finalement Polytechnique, complétée par un master au MIT, et fait ses premières armes au ministère des Finances et au cabinet de conseil McKinsey. En 2004, BNP Paribas la recrute pour quinze années décisives. Elle y dirige le cabinet du PDG Baudouin Prot pendant la crise de 2008, puis prend la tête de Personal Investors, la filiale de courtage en ligne du groupe.
Le virage vers la tech intervient à la fin des années 2010. Chez BlaBlaCar, la dirigeante pilote les opérations et lance BlaBlaBus, l’offre d’autocars de la plateforme de covoiturage. Believe, label de musique numérique qu’elle classe au quatrième rang mondial derrière les majors, lui confie ensuite la codirection de ses opérations. En parallèle, elle siège au conseil d’administration de Société Générale, un mandat qu’elle quitte pour Revolut. Cette double culture, start-up d’un côté, grande banque de l’autre, devient son meilleur atout face aux régulateurs.
Huit millions de comptes à convertir
Quelques semaines après sa prise de poste, elle résumait sa méthode d’une phrase : « Ce qui me sert aujourd’hui, c’est d’avoir appris à apprendre. » Dans Revolut, elle voit un trait d’union entre la solidité des grands groupes bancaires et la vitesse des start-ups. L’agrément d’août donne raison à cette approche. Dans le communiqué officiel, la dirigeante évoque un long travail main dans la main avec l’ACPR et la BCE, dont la rigueur a, selon elle, posé les bases d’une croissance durable.
Ce sésame ouvre à Revolut le crédit immobilier et l’épargne réglementée, à commencer par le Livret A, deux terrains réservés aux établissements agréés en France. La néobanque compte sur ces produits pour changer de statut aux yeux de ses clients. Longtemps perçue comme un compte d’appoint, l’application ambitionne de devenir une banque du quotidien, avec un cap fixé à 10 millions de clients en France d’ici fin 2027.
Ce chantier prolonge le fil rouge de sa carrière. Du courtage en ligne chez BNP Paribas aux autocars de BlaBlaCar, la dirigeante a régulièrement piloté l’arrivée de nouveaux usages. Chez Revolut, l’exercice change d’échelle, et la polytechnicienne qui se rêvait astrophysicienne mesure désormais sa trajectoire en millions de clients.
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