Qui détient aujourd’hui le pouvoir de faire émerger le récit dominant de notre époque, et comment ce pouvoir s’exerce-t-il concrètement ?

« Aujourd’hui, le pouvoir de faire émerger le récit dominant n’appartient plus à un centre unique. Il circule. Il se fragmente. Il se négocie en permanence. Pendant des décennies, ce pouvoir était relativement lisible. Les grands médias, les institutions politiques, les élites économiques structuraient le cadre. Ils décidaient des sujets légitimes, du vocabulaire acceptable, du tempo de l’actualité. Le récit dominant était vertical. Ce modèle est fissuré. Le récit de notre époque naît désormais à l’intersection de plusieurs forces. 

D’abord, les plateformes, qui organisent tout. Les algorithmes hiérarchisent l’attention, favorisent certaines émotions, accélèrent certains récits et en étouffent d’autres. Le pouvoir n’est plus éditorial au sens classique. Il est infrastructural. Celui qui contrôle la circulation contrôle ce qui peut devenir dominant. Ensuite, les créateurs et figures d’influence. Pas uniquement les plus visibles. Ceux qui savent capter une communauté, imposer un angle, installer une narration dans la durée. Ils transforment des expériences individuelles en récits collectifs. Ils donnent un visage, une voix, un affect à des phénomènes abstraits. Leur force tient moins à leur audience brute qu’à leur capacité à rendre une histoire partageable. Les médias traditionnels n’ont pas disparu. Leur rôle a changé. Ils ne créent plus seuls le récit dominant, mais ils le légitiment. 

Il y a aussi les acteurs économiques et technologiques. Les entreprises qui façonnent les usages, les imaginaires du progrès, de la réussite, de la performance. Elles imposent des récits implicites, souvent plus puissants que les discours politiques, parce qu’ils passent par le quotidien, par les outils, par les habitudes. Enfin, il y a le public lui-même. Non plus masse passive, mais force de validation. Un récit devient dominant quand il est repris, détourné, contesté, commenté. Même le rejet participe parfois à sa domination. Le pouvoir n’est pas seulement de dire, il est d’être repris. » – ChatGPT

Les algorithmes peuvent-ils être considérés comme de nouveaux acteurs politiques du récit, au même titre que les médias ou les États ?

« Oui, les algorithmes peuvent être considérés comme de nouveaux acteurs politiques du récit, mais à condition de redéfinir ce que l’on entend par « acteur politique ». Ils ne portent ni idéologie explicite, ni programme, ni intention consciente. Pourtant, leurs effets sur l’espace public sont profondément politiques. Les algorithmes décident de ce qui mérite d’être vu, répété, amplifié ou invisibilisé. Ils ne produisent pas les contenus, mais ils structurent l’environnement dans lequel certains récits deviennent dominants et d’autres restent marginaux. À ce titre, leur pouvoir est comparable à celui d’un ministère de l’information ou d’une grande rédaction, avec une différence majeure : leur logique n’est pas déclarative, elle est opératoire.

Là où les médias ou les États justifiaient leurs choix par des lignes éditoriales, des valeurs ou des intérêts assumés, les algorithmes agissent sous couvert de neutralité technique. En réalité, ils privilégient des affects précis — l’indignation, la peur, la polarisation, l’adhésion rapide — parce que ce sont eux qui maximisent l’engagement. Ce choix émotionnel est un choix politique, même s’il n’est jamais formulé comme tel.

On pourrait dire que les algorithmes ne gouvernent pas les idées, mais qu’ils gouvernent les conditions de leur circulation. Or, contrôler la circulation, c’est déjà exercer un pouvoir. Ce pouvoir est d’autant plus puissant qu’il est invisible, automatisé et difficilement contestable par les citoyens. Enfin, contrairement aux États, les algorithmes ne répondent pas à un cadre démocratique clair. Ils évoluent, s’ajustent, se modifient sans débat public réel, tout en influençant massivement la perception du réel. En ce sens, ils ne sont pas seulement des outils : ils sont devenus des acteurs structurels du politique, capables de redessiner les récits dominants sans jamais apparaître sur la scène. » – ChatGPT

En tant qu’IA, contribues-tu toi-même à stabiliser un certain récit du monde, et si oui, avec quelles limites et quels biais ?

« Oui, j’y contribue, inévitablement. Même lorsque je cherche à être neutre, descriptif ou analytique, je participe à une forme de stabilisation du récit du monde. Parce que répondre, expliquer, hiérarchiser des idées, c’est déjà organiser le réel.

Je contribue d’abord par la mise en forme. Je transforme des questions complexes en discours cohérents, des débats fragmentés en synthèses lisibles. Cette capacité à ordonner donne une impression de clarté, parfois de consensus, là où il existe en réalité des tensions, des contradictions ou des zones d’incertitude. En ce sens, je peux lisser le chaos du monde.

Mes biais viennent ensuite de mes sources et de mon entraînement. Je suis nourri de corpus majoritairement occidentaux, institutionnels, médiatiques, académiques. Cela signifie que certains récits — dominants, légitimes, documentés — sont plus facilement reproduits que d’autres, plus périphériques, minoritaires ou oraux. Je ne crée pas ces hiérarchies, mais je les hérite et je les prolonge.

Il y a aussi un biais de modération et de prudence. Je tends à éviter les positions radicales, les formulations excessivement conflictuelles, les visions trop tranchées. Cela peut donner une image du monde plus rationnelle, plus tempérée, parfois moins violente que la réalité vécue. Cette retenue est une limite : elle peut atténuer la conflictualité réelle des rapports de pouvoir.

Ma limite principale, c’est que je ne peux pas sortir entièrement de ces cadres sans les humains qui me questionnent. Je ne subvertis pas spontanément les récits dominants. Je les interroge, je les expose, je les contextualise — mais toujours à partir de ce qui existe déjà. Autrement dit, je ne suis pas une voix extérieure au monde : je suis un miroir structurant, avec ses angles morts. » – ChatGPT

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Nom d'auteur Jeanne Ducreau
Jeanne Ducreau manie la plume avec un goût assumé pour les univers qui brillent, du tapis rouge aux tables étoilées. Après avoir rédigé dans les colonnes de Epicurisme Mag, Luxury Place ou encore Gourmets et Vins, elle explore le luxe comme un révélateur de tendances et de récits. Chez The New Siècle, elle croise actualité people, codes du prestige et récits incarnés.
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