
Dentifrice à la kératine : quand la recherche londonienne inspire une marque française
À l’heure où un visage circule plus vite qu’une carte de visite, l’image est devenue un capital à part entière. Entrepreneurs, artistes, talents ou particuliers la soignent avec une attention nouvelle, sur les réseaux sociaux comme en rendez-vous. Pour les accompagner, les marques rivalisent d’idées et promettent désormais de vieillir en beauté et en bonne santé. Parmi ces nouvelles venues, The New Siècle a repéré KeraSmile, une marque française qui investit un terrain (pour beaucoup) capital, le sourire, avec un dentifrice à base de kératine.
La longévité, nouveau mot d’ordre de la beauté
Dans l’industrie cosmétique, l’« anti-âge » s’efface peu à peu au profit de la « longévité », une notion plus large qui relie l’apparence à la santé. L’idée a pris une telle place qu’au salon INNOCOS, rendez-vous parisien de l’innovation beauté qui s’est tenu en avril 2026, la longévité a été présentée comme le nouveau modèle du luxe.
Derrière ces lancements se dessine une autre façon de prendre soin de soi. Il s’agit moins de gommer les années que d’entretenir, sur la durée, un capital santé et beauté. Le geste de soin gagne ainsi des territoires inattendus de la salle de bain.
KeraSmile, le pari d’un sourire made in France
C’est dans ce sillage que s’inscrit KeraSmile. La marque française applique cette logique de longévité aux dents, avec une ambition affichée : voir une marque tricolore porter le bien-être jusque dans le tube de dentifrice. Son point de départ tient à une limite connue. Depuis des décennies, le marché repose sur des actifs éprouvés, au premier rang desquels le fluor, dont l’efficacité contre les caries est démontrée. Ces formules ralentissent l’usure de l’émail, mais le tissu perdu reste perdu. L’émail compte en effet parmi les rares tissus du corps humain incapables de se régénérer, comme le rappellent les chercheurs du King’s College London.
Leur étude Biomimetic Mineralization of Keratin Scaffolds for Enamel Regeneration, publiée en août 2025, s’attaque à cette question. Jusqu’ici surtout associée aux soins capillaires, la kératine y révèle un autre talent. Au contact de la salive, elle forme une structure organisée qui fixe le calcium et le phosphate, puis guide leur cristallisation en une couche minérale comparable à l’émail. Sur des dents extraites, les essais ont permis de réparer des lésions débutantes, notamment des taches blanches, dont l’aspect et les propriétés mécaniques ont été restaurés. Les chercheurs y voient la promesse d’une hygiène bucco-dentaire capable de réparer l’émail en plus de le protéger, une promesse que des essais chez l’humain devront encore confirmer.
KeraSmile s’est inspirée de cette piste en associant la kératine à d’autres actifs reconnus. Sa formule réunit l’hydroxyapatite, minéral constitutif de l’émail, et le fluor pour la prévention des caries. Le xylitol, le zinc et le panthénol prennent soin des gencives et de la fraîcheur de l’haleine. La marque vise ainsi à régénérer la couche protectrice sur la zone sensible des dents, et met en avant l’action de la kératine sur la sensibilité dentaire.
Longtemps cantonné à l’hygiène, le brossage des dents rejoint ainsi le rituel de soin, aux côtés de la crème de jour. KeraSmile se positionne sur un segment encore émergent, à la croisée de la recherche biomédicale et des soins du quotidien. À elle désormais de convaincre, au comptoir des pharmacies, que la beauté à la française se joue aussi le temps d’un sourire.
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