
À la table du Chinese Business Club, la fine fleur du networking français
À Paris, certains déjeuners valent parfois plus que de longues réunions. Fondé en 2012 par Harold Parisot, le Chinese Business Club s’est imposé en plus d’une décennie comme l’un des rendez-vous réguliers de l’élite économique française, où chefs d’entreprise, investisseurs, responsables politiques, figures du monde culturel, journalistes et diplomates se réunissent mensuellement autour d’un déjeuner d’affaires. Harold Parisot s’est donné pour mission de faciliter les rencontres utiles, offrant un carnet d’adresses clé en main à celles et ceux en quête de partenariats ou de visibilité. Décryptage du « premier club d’affaires de France ».
Genèse d’un pari sino-français
Tout part d’un pari simple mais audacieux : réunir à Paris des décideurs français et des investisseurs chinois autour d’une même table. Diplômé de l’ESSEC, Harold Parisot se lance en 2012 sans réseau constitué ni appui financier solide. Il dépose la marque Chinese Business Club et organise son premier déjeuner d’affaires au Polo de Paris.
La réunion est modeste, une cinquantaine de participants, dont seulement quelques Chinois. « Les premières années ont été un peu difficiles, de 2012 à 2015, parce que je n’avais ni l’argent, ni les contacts. Je voyais bien que les gens commençaient à s’y intéresser, mais il fallait un véritable avant-après », confiait-il dans une interview accordée à The New Siècle.
Ce tournant survient en juin 2015, lorsqu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, accepte d’être invité d’honneur. « Beaucoup de médias sont venus couvrir le déjeuner. Les journalistes se demandaient : ‘C’est quoi ce club d’affaires où le ministre de l’Économie intervient ?’ Ça a été un énorme coup de projecteur pour le Chinese Business Club », se souvient Harold Parisot.
Des rendez-vous d’affaires exclusifs
À l’instar d’autres réseaux d’entrepreneurs, le Chinese Business Club ne cherche pas à multiplier les événements mais plutôt à créer des rencontres impactantes une fois par mois. Dès l’arrivée, un cocktail d’accueil brise la glace et lance les échanges informels. À 12h45 pile, Harold Parisot ouvre la séance : quelques mots percutants pour rappeler l’esprit du Club, puis place à l’invité d’honneur, qui partage son parcours et présente un thème qui lui tient à cœur.
Après cette prise de parole, le déjeuner gastronomique démarre, puis la discussion se transforme en séance de questions-réponses ouverte. Tous les convives peuvent alors interroger librement l’invité d’honneur. La rencontre se prolonge enfin autour d’un café networking, où les cartes de visite s’échangent et les conversations s’approfondissent. « Le format favorise le networking. Cocktail debout, déjeuner assis avec placement libre, puis café debout pour continuer à échanger. L’idée, c’est de repartir avec un maximum de contacts à transformer derrière », résume le fondateur.
Le Chinese Business Club ne s’arrête pas aux déjeuners mensuels. Entre deux rendez-vous, les membres peuvent également profiter de soirées autour d’un cocktail, de mises en relation ciblées où se croisent les décideurs les plus influents. Chaque occasion est bonne pour transformer une poignée de main en opportunité.
Un lieu de décideurs
En plus d’une décennie, le Chinese Business Club a agrégé un réseau dense et volontairement intergénérationnel. Aujourd’hui, il revendique environ 140 sociétés membres, mêlant grands groupes français, ETI solides, entreprises familiales et jeunes pousses en forte croissance. Dès ses premières années, le Club attire des dirigeants de grands groupes issus du CAC 40, séduits par la promesse de rencontres ciblées. Progressivement, des fondateurs de licornes françaises, des entrepreneurs tech et des investisseurs privés viennent enrichir ce socle initial.
À table se côtoient des personnalités aux secteurs très variés. « Je n’ai aucun problème à mélanger chefs d’entreprise, politiques, sportifs professionnels ou chefs cuisiniers. C’est hyper éclectique, et c’est justement la force du réseau », revendique Harold Parisot. Une diversité plus qu’assumée. « Les profils que vous croisez sont uniques : chefs d’entreprise, business angels, milliardaires français comme les Bouygues, Dassault ou Clarins, mais aussi ambassadeurs, patrons du RAID, du GIGN ou de la BRI. Ce sont des rencontres que vous ne ferez nulle part ailleurs », insiste-t-il.
Des invités d’honneur triés sur le volet
Chaque événement du Chinese Business Club est porté par un invité d’honneur soigneusement choisi. Ces derniers mois, le Club a notamment reçu Michel-Édouard Leclerc, venu partager sa vision du capitalisme familial et de la distribution française. Avant lui, la table du Club a accueilli Louis Sarkozy, Sophie Marceau, Éric Larchevêque, Monica Bellucci, Albert II de Monaco et Tony Parker.
Des dirigeants économiques comme Laurent Dassault, Anne-Marie Idrac ou Jacques Séguéla sont également venus exposer leur parcours et répondre aux questions des membres. Les thématiques abordées sont variées : internationalisation des entreprises, innovation, transmission familiale, leadership ou encore place des femmes dans l’économie.
La prochaine invitée d’honneur a d’ailleurs déjà été annoncée : Nina Métayer, sacrée meilleure pâtissière du monde, est attendue le 9 février 2026. Un choix qui illustre l’éclectisme revendiqué du Chinese Business Club.
D’un ADN sino-français à un réseau hexagonal
Depuis la crise sanitaire, le Chinese Business Club a profondément évolué. Longtemps identifié comme un carrefour sino-français, le réseau est désormais à près de 90 % franco-français. Un basculement assumé par son fondateur, né d’un contexte international durablement bouleversé.
« Pendant le Covid, j’ai compris que les Chinois mettraient du temps à revenir. Et en 2025, ils sont toujours très peu présents : dix fois moins de touristes, dix fois moins d’investisseurs », constate Harold Parisot. La fermeture prolongée des frontières, puis le ralentissement des flux économiques ont mécaniquement réduit la présence chinoise au sein du Club.
Face à cette réalité, le Chinese Business Club a élargi son périmètre. Start-up, TPE, PME et ETI françaises ont progressivement investi les tables des déjeuners mensuels aux côtés des dirigeants historiques. Une évolution pragmatique, pensée comme une adaptation plus que comme un changement de cap. « Je m’adapte à l’actualité sans modifier l’identité du Club, car les Chinois finiront par revenir », insiste Harold Parisot.
En effet, le lien avec la Chine n’a jamais totalement disparu. Quelques acteurs restent présents, notamment du côté institutionnel et industriel, de l’ambassade de Chine à des groupes comme Huawei ou BYD. Pour le fondateur, il ne s’agit donc ni d’un abandon ni d’un repli mais d’une mise en veille stratégique. Le temps long, encore une fois, dictera le retour de l’ADN franco-chinois.
Le club, accélérateur business
Au-delà d’un simple cercle de discussions, le Chinese Business Club se veut un accélérateur concret. « Le seul objectif des membres, c’est le retour sur investissement. Et il est bien réel : neuf sociétés sur dix renouvellent leur adhésion chaque année », rappelle Harold Parisot.
Les exemples abondent : ventes de jets Falcon à des investisseurs étrangers, implantation de marques françaises en Asie ou encore contrats décrochés après un simple déjeuner. « Venir une fois ne sert à rien. C’est en se voyant une à deux fois par mois que les opportunités se multiplient », insiste-t-il.
Avec une cotisation annuelle à partir de 9 500 euros hors taxes, le Club assume un positionnement haut de gamme. « Personne ne renouvelle juste pour me faire plaisir », sourit son fondateur. En dix ans, le Chinese Business Club s’est imposé comme un lieu où le réseau devient une méthode, et où la rencontre reste, plus que jamais, le premier levier de croissance.
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