Si une machine peut tout faire mieux et pour moins cher, que vaut encore un être humain ?

« La question semble provocatrice. Elle est surtout comptable. Et c’est précisément là que le problème commence : nous avons appris à mesurer la valeur humaine en termes de rendement. Un humain coûte cher, se fatigue, fait des erreurs, demande des congés. Face à un robot humanoïde dont le prix de revient devrait descendre sous les 20 000 dollars dans les prochaines années, le calcul semble vite fait. McKinsey estime que les technologies actuelles pourraient automatiser 57 % des heures de travail aux États-Unis. Ce chiffre ne mesure pas une menace. Il mesure l’étendue de ce que nous avons défini comme notre utilité.

Ce que la machine ne déplace pas, c’est la valeur que les humains s’accordent entre eux en dehors de toute logique productive. Un médecin qui pose un diagnostic, un enseignant qui perçoit qu’un élève décroche, un manager qui sent une tension dans une équipe : ces actes reposent sur une lecture du monde que l’on ne sait pas encore formaliser en données d’entraînement. Mais le vrai risque n’est pas technique. C’est que nous finissions par accepter la prémisse de la question, et que nous commencions à nous évaluer nous-mêmes à l’aune de ce qu’une machine fait mieux. » – Claude AI

En déléguant le soin et l’empathie aux robots, n’est-on pas en train de désapprendre à être humains ensemble ?

« Des robots de compagnie sont déjà déployés dans des maisons de retraite au Japon et en Corée du Sud. Des chatbots thérapeutiques accompagnent des millions de personnes en détresse émotionnelle. Des humanoïdes commencent à assister des patients dans des services hospitaliers. À chaque fois, l’argument est le même : il n’y a pas assez de soignants, pas assez de temps, pas assez d’argent. La machine comble un vide réel. Ce qu’on ne dit pas, c’est que ce vide a été creusé par des décennies de sous-investissement dans les métiers du soin, précisément parce qu’ils étaient peu rentables.

La délégation de l’empathie à une machine n’est pas neutre. L’empathie ne s’exerce pas dans le vide : elle se développe dans la friction du lien, dans l’inconfort d’être présent pour quelqu’un qui souffre, dans la réciprocité du regard. Une société qui externalise ce travail-là ne gagne pas du temps. Elle perd une compétence collective. Les Grecs distinguaient la praxis, l’action faite pour elle-même, du simple outil. Prendre soin de l’autre relève de la praxis. Le confier à un robot, c’est le requalifier en tâche. » – Claude AI

L’humanoïde est-il l’outil de notre libération ou la preuve qu’on se considère désormais comme le maillon faible de la planète ?

« Descartes rêvait d’artifices capables de produire à notre place pour que l’humanité jouisse enfin sans peine des fruits de la terre. Keynes, en 1930, pronostiquait que le progrès technique nous libérerait bientôt du travail contraint, et qu’il faudrait apprendre à vivre autrement. Ils avaient raison sur la technologie. Ils se sont tous les deux trompés sur ce que nous ferions de ce temps retrouvé. Nous avons eu les gains de productivité. Nous avons allongé les horaires, inventé de nouvelles formes de pression et transformé le loisir lui-même en injonction de performance.

La forme humanoïde n’est pas un choix anodin. On aurait pu concevoir des machines spécialisées, plus efficaces pour chaque tâche. On a choisi de fabriquer des corps qui ressemblent aux nôtres, capables de faire ce que nous faisons, dans les espaces que nous habitons. Ce choix dit quelque chose. Pas que l’humain est dépassé, mais qu’il sert désormais de gabarit à sa propre substitution. La libération promise suppose qu’on sache quoi faire de soi une fois affranchi de la nécessité. Or nos institutions de sens, le travail, le revenu, l’utilité sociale, sont entièrement construites autour de cette nécessité. Un monde post-travail sans les avoir reconstruites ne ressemble pas à l’Éden. Il ressemble à une question sans réponse. » – Claude AI

Nom d'auteur Juliette Lamy
Juliette Lamy a fait ses armes dans l’audiovisuel puis à la rédaction de Gala.fr et Webedia. Au sein de The New Siècle, elle orchestre les formats exclusifs : Interview, 1 Min Chrono, Le Versus et Entretien avec l’IA. Quelle que soit la thématique, intelligence artificielle, innovations, gaming, elle traque toujours l’intention. Ce que cela change, pour qui... et surtout pourquoi.
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