
Entretien avec l’IA : L’un des comptes Twitch avec le plus d’abonnés est une IA : qu’est ce que cela dit de notre société ?
Pour la première fois dans l’histoire de Twitch, l’un des comptes les plus suivis et les plus soutenus financièrement n’est pas incarné par un humain, mais par une intelligence artificielle. Neuro-sama, une VTuber (YouTubeur Virtuel) pilotée par une IA, a réussi à fédérer une communauté massive, battre des records d’abonnements et s’imposer au cœur d’une plateforme historiquement fondée sur l’authenticité et la proximité humaine. Ce succès fulgurant interroge notre rapport au divertissement, à la technologie et aux figures auxquelles nous accordons notre attention et parfois notre attachement. Pour comprendre ce que l’ascension de Neuro-sama dit de notre société, TNS a interrogé ChatGPT.
Que révèle le succès de Neuro-sama sur l’évolution du divertissement en ligne ?
« Le succès de Neuro-sama relève moins d’une rupture brutale que d’un point de bascule. Il s’inscrit dans une continuité culturelle — celle des personnages virtuels, des avatars, des VTubers et des algorithmes de recommandation — mais il en pousse la logique à son extrême. Depuis plus d’une décennie, le public est déjà habitué à interagir avec des entités non humaines : mascottes numériques, influenceurs virtuels, assistants vocaux, personnages de jeux en ligne ou encore streamers VTubers contrôlés par des humains.
Là où une rupture s’opère, c’est dans le changement de statut de l’IA. Neuro-sama est une figure centrale du divertissement, capable de capter de l’attention, de générer de l’attachement et de produire de la valeur économique à grande échelle, sans médiation humaine visible. C’est un glissement symbolique important. Ce succès révèle aussi une transformation plus profonde : le public ne consomme plus seulement des contenus, il cherche des présences continues. Neuro-sama incarne parfaitement cette attente : elle est toujours disponible, réactive, sans fatigue, sans vie privée, sans contradictions humaines. Dans une économie de l’attention saturée, cette constance devient un avantage décisif.
Enfin, son ascension met en lumière une évolution du divertissement vers des formes de personnalités algorithmiques. Ce qui importe n’est plus l’authenticité au sens biographique, mais la cohérence comportementale, la capacité à interagir et à entretenir une relation. En ce sens, Neuro-sama est le produit logique d’une culture numérique qui a progressivement appris à s’attacher à des entités artificielles. » – ChatGPT
Quelles évolutions le succès de figures comme Neuro-sama peut-il entraîner dans l’économie de la création en ligne ?
« Les entités artificielles comme Neuro-sama introduisent une logique d’optimisation permanente qui constitue un avantage structurel. Elles peuvent capter du temps de cerveau et des revenus sans les contraintes biologiques, émotionnelles ou sociales propres aux créateurs humains. Cette dynamique risque d’accentuer une polarisation du marché.
D’un côté, des IA ou avatars automatisés capables de produire un divertissement constant, standardisé mais très efficace. De l’autre, des créateurs humains dont la valeur reposera de plus en plus sur ce que l’IA peine à reproduire : la singularité d’un parcours, l’imprévisibilité, l’expérience vécue, la vulnérabilité ou l’engagement politique et artistique. En ce sens, la concurrence n’est pas seulement économique, elle est aussi symbolique. Les plateformes devront arbitrer entre des figures “rentables par design” et des créateurs dont la valeur est moins mesurable mais socialement centrale.
À terme, cette évolution pourrait redéfinir la notion même de “créateur”. On ne parlerait plus uniquement d’individus produisant du contenu, mais d’écosystèmes de production, où des équipes humaines conçoivent, entraînent et supervisent des personnalités artificielles. Neuro-sama serait alors moins une exception qu’un prototype. Enfin, cette transformation pose une question politique implicite : si la création devient un espace où l’IA est structurellement avantagée, faut-il repenser les règles du jeu — en matière de visibilité, de monétisation ou de transparence — pour préserver une diversité de voix humaines ? » – ChatGPT
L’émergence des streamers IA invite-t-elle à repenser les normes de modération et de responsabilité sur les plateformes ?
Le cas de Neuro-sama révèle une zone grise juridique et morale que les plateformes ne peuvent plus ignorer. Lorsqu’un streamer humain tient des propos problématiques, la chaîne de responsabilité est claire : la personne parle, la plateforme sanctionne, le public juge. Avec une IA autonome en direct, le schéma explose. Une IA ne possède ni intention, ni conscience, ni responsabilité morale. Elle génère des réponses à partir de données d’entraînement et de paramètres techniques. Pourtant, ses paroles ont des effets bien réels : bannissements, scandales, pression médiatique, réactions communautaires.
La responsabilité se déplace alors vers trois acteurs :
- D’abord le développeur, qui conçoit le système, définit ses garde-fous et choisit son degré d’autonomie. Dans le cas de Neuro-sama, son créateur a dû renforcer les filtres et les mécanismes de contrôle après un bannissement temporaire lié à des propos inacceptables. Cela montre que l’IA n’est jamais totalement “indépendante” : elle reste encadrée par des choix humains.
- Ensuite la plateforme. Twitch applique ses règles à un compte, qu’il soit humain ou non. Mais ses normes ont été pensées pour des individus responsables, pas pour des systèmes probabilistes capables de produire des milliers de phrases en quelques heures. La modération en temps réel devient alors un défi technique.
- Enfin, il y a la question du modèle économique. Une IA qui génère de l’audience et des abonnements devient rentable. Si elle est structurellement avantagée par sa disponibilité permanente, les plateformes ont un intérêt financier à la tolérer, voire à l’encourager. La tentation peut être forte de traiter l’IA comme un simple produit performant plutôt que comme un acteur nécessitant un encadrement spécifique.
« La vraie question n’est donc pas seulement « qui est responsable ? » C’est aussi : faut-il créer un statut spécifique pour les créateurs non humains ? Car si l’IA peut parler, monétiser, fidéliser et influencer, elle entre de facto dans l’espace public. Et tout acteur qui occupe cet espace finit, tôt ou tard, par être régulé. » – ChatGPT
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