Le MWC, baromètre d'un secteur en mutation

Pour la vingtième édition du MWC (Mobile World Congress) à la Fira de Montjuic à Barcelone, du 2 au 5 mars, le salon télécom revendique un impact de 6,9 milliards d’euros et 173 000 jobs créés depuis 2006. L’année dernière le salon, organisé par GSMA, une association mondiale de l’industrie des communications qui regroupe 200 industriels et 800 opérateurs de téléphonie mobile, a réuni 109 000 visiteurs avec un impact sur l’activité économique de 561 millions d’euros et 13 000 postes créés. 

Bref, on fait des affaires au MWC, mais pas simplement. On ne vient pas au MWC pour regarder des écrans, on y vient pour prendre le pouls d’un secteur, confronter des visions et comprendre où va la connectivité mondiale. Ce qui en fait, à ce titre, bien plus qu’un salon commercial : un véritable baromètre d’une industrie en pleine recomposition.

Proposer de la connectivité ne suffit plus

En 2026, le MWC a choisi de mettre en avant la présentation de la série Samsung Galaxy S25. Les appareils pliables et enroulables seront aussi mis à l’honneur. Les fabricants de puces dévoileront de nouveaux SoC axés sur le vRAN et le calcul IA. Enfin pour la démonstration des produits la place sera donnée aux agents IA grand public intégrés dans les appareils. On le comprend, la place de choix est réservée aux innovations fondées sur l’IA et aujourd’hui proposer de la connectivité ne suffit plus. 

Au-delà de leur métier de base, c’est-à-dire la couverture réseau, les acteurs des télécoms aspirent à des revenus additionnels en proposant des services aux entreprises, des solutions sectorielles ou en établissant des partenariats. Bien sûr, il convient de prendre ces annonces avec des pincettes. Le déploiement réel d’un produit n’est pas forcément lié à ses effets d’annonce. 

Un salon télécom devenu carrefour tech

Pour la première édition du salon à Barcelone (il était situé auparavant à Cannes) en 2006, le nombre de visiteurs était moitié moindre qu’aujourd’hui, environ 50 000. A l’époque, les premiers téléphones 3G et les appareils compatibles avec l’Internet mobile dominent le marché (Nokia N-series, Sony Ericsson Walkman). Nous étions encore dans l’ère pré-iPhone : il s’agissait davantage de téléphones « intelligents » riches en fonctionnalités que de véritables smartphones.

Aujourd’hui le salon développe un écosystème de start-ups (plus de 1000 participeront au MWC 2026), de nouvelles zones seront à explorer comme CircuitX qui est une initiative sur trois ans visant à promouvoir la technologie mobile dans le domaine du sport automobile et à transformer l’expérience sur circuit grâce à la connectivité. Une autre zone, New Frontiers, sera consacrée à l’étude des technologies révolutionnaires qui sont sur le point d’avoir un impact profond sur la connectivité, l’industrie et la vie quotidienne. Le salon proposera aussi Airport of the Future, une exposition immersive qui offre un aperçu de la manière dont les aéroports et les voyages aériens vont se transformer au cours des prochaines décennies grâce à des technologies de pointe et à une connectivité sans fil fluide.

Le vrai match se joue en coulisses

Mais le plus important se déroule en coulisses et MWC revendique être une place de rendez-vous business. Avec un pass pour les quatre jours qui démarre à 989 euros, puis 2419 euros et enfin 5 499 pour le VIP et des prix qui varient selon le type d’accessibilité aux leaders de l’industrie, l’on comprend que ce n’est pas destiné au grand public. Ici on parle signature de partenariat, renouvellement des fournisseurs, négociation de contrats, levées de fonds, recrutement, recherche de visibilité…

De par ses volumes et ses retombées économiques, le MWC demeure un rendez-vous phare du B2B télécom. Mais au-delà des chiffres, la vraie question reste entière : le salon est-il encore initiateur d’idées et d’innovations pour un secteur qui cherche encore son nouveau modèle économique ? Si l’on s’en tient aux promesses de cette édition, le MWC 2026 veut incarner la recomposition des télécoms dans un écosystème dominé par l’IA et les usages d’entreprises. Barcelone tranchera.

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Nom d'auteur Fabrice Mateo
Journaliste spécialisé dans les technologies de l'information et de la communication, Fabrice Mateo a collaboré avec une trentaine de médias, mêlant investigations, enquêtes, interviews et reportages. Photographe et auteur de plusieurs ouvrages sur l'IA et la data, il a publié en septembre 2025 "Le Guide des métiers de l’intelligence artificielle" (L’Étudiant).
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