Interview : Laurent Deverlanges – Fondateur de Caviar de Neuvic

En 2011, Laurent Deverlanges tourne le dos à une carrière internationale dans l’agro-industrie, où il développait des marchés alimentaires à grande échelle, pour fonder Caviar de Neuvic, en Dordogne. Son ambition est nette : réinventer le caviar français en croisant excellence gastronomique, innovation durable et ancrage territorial. Sur un domaine de 30 hectares bordant l’Isle, il développe une pisciculture d’esturgeons respectueuse de l’environnement et obtient en 2021 la première certification bio jamais décernée à un caviar français. Il lève une première fois des fonds en 2015, puis renouvelle l’opération en 2022. Un an plus tard, il scelle une alliance stratégique avec le groupe Prunier, donnant naissance au nouveau leader national du caviar. L’objectif ? Imposer la signature française sur la scène internationale tout en gardant les identités de chaque maison. Face à une industrie tentée par la standardisation, il revendique un luxe d’origine.
Interview : Mathieu Nohet – Fondateur de baCta

En 2022, Mathieu Nohet revend Manty, une startup spécialisée dans la simplification des données publiques. Il quitte alors le monde du logiciel institutionnel, se forme seul à la biologie de synthèse, et décide de s’attaquer à l’une des matières premières dont l’industrie ne peut se passer : le caoutchouc naturel. En 2023, il fonde baCta avec une idée simple : produire du caoutchouc sans plantation, sans hévéa, grâce à des micro-organismes génétiquement modifiés capables de biosynthétiser la matière. Objectif ? Sortir le caoutchouc de la dépendance géographique et des chaînes opaques. En octobre 2024, baCta lève 3,3 millions d’euros pour structurer sa R&D en France et préparer la construction d’une usine pilote. Derrière ce pari technique, une ambition plus large se dessine : démontrer que le vivant peut être reprogrammé à des fins de souveraineté industrielle.
Interview : Raphaël Masvigner – Co-fondateur de Circul’R

En 2014, Raphaël Masvigner quitte Airbus et une carrière stratégique en Amérique latine pour entreprendre un tour du monde de l’économie circulaire avec son ami et futur associé Jules Coignard. Dix-sept mois, vingt-deux pays, cent cinquante initiatives explorées : ce travail de terrain donne naissance en 2016 à Circul’R. Leur ambition ? Fédérer un réseau mondial de solutions circulaires afin de les mettre en relation avec des grands groupes pour accélérer leur transition. Dès 2018, le lancement du Club Circul’R, soutenu par le ministère de la Transition Écologique, confirme leur rôle d’accélérateur d’alliances. Aujourd’hui, Circul’R travaille avec plus de 70 % des entreprises du CAC 40, a fait entrer Legrand à son capital, et structure des coalitions sectorielles sur la finance, l’industrie ou encore la cosmétique. Plus qu’une startup, Circul’R s’impose comme une interface stratégique pour la transition circulaire des grands groupes et des acteurs publics.
Interview : Alexandre Gabriel – Fondateur de Maison Ferrand

En 1989, Alexandre Gabriel reprend une ancienne maison de cognac en sommeil. Il n’a pas trente ans, et déjà une obsession : défendre l’artisanat par l’innovation. Il crée Citadelle Gin en 1996 dans des alambics charentais, invente une double maturation entre Caraïbes et Charente pour ses rhums, et impose une lecture singulière du terroir dans un marché saturé par les volumes. Dans un secteur dominé par les géants du volume et la standardisation, Maison Ferrand s’est construite à contre-courant. Plus de trois décennies plus tard, la marque est présente dans plus de 90 pays, sans avoir renoncé à son exigence de fond. Pas de croissance accélérée, mais un ancrage patient dans les failles du système.
Interview : Loys Vallon de Testa – Co-fondateur de Laferté

Issu d’un background marketing et passé par la division Vins & Spiritueux de LVMH, Loys Vallon de Testa développe depuis plus de dix ans une expertise à la croisée du développement entrepreneurial et de l’univers des spiritueux. En 2023, il cofonde avec Adrien Douady et Anthony Davoigniot la maison Laferté. Leur objectif ? Créer un whisky d’assemblage made in France, dont l’ambition est de rivaliser avec les standards internationaux en s’émancipant des récits habituels de terroir. Quelques mois après la création de l’entreprise, ils lèvent 500 000 euros pour développer leur premier whisky. Dès son lancement, Laferté entre à La Maison du Whisky, remporte plusieurs prix, et amorce sa stratégie d’implantation à l’international.